Peu de gens savent comment l'industrie éolienne s'est développée au Québec et particulièrement dans la région. michel Thibault, qui était alors directeur général de la Société de développement économique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (SDEGÎM) se souvient encore, en 1993, lorsque deux hommes d'affaires ont frappé à la porte de son bureau situé à Sainte-Anne-des-Monts. Ce moment marquait les débuts de la grande histoire du développement éolien en Gaspésie.
Les deux hommes demandent ainsi à michel Thibault si la SDEGÎM pourrait chapeauter un comité qui serait chargé de faire une première approche auprès d'Hydro-Québec. Il n'en fallait pas plus pour qu'un comité soit mis sur pied, avec certains politiciens de l'époque. « Les membres de ce comité sont devenus les précurseurs du véritable développement de l'industrie éolienne au Québec », souligne M. Thibault.
Les démarches
La tâche n'était pas mince. Il fallait que ce comité puisse convaincre le gouvernement et Hydro-Québec d'aller de l'avant avec un premier appel d'offre de 1 000MW, tout en s'assurant d'un contenu gaspésien. Le comité réussit donc à établir un premier contact avec le ministre des Ressources naturelles du temps, François Gendron et l'ancien ministre des Finances, Yves Duhaime. De 1993 à 1999, en plus de rencontres avec les leaders du gouvernement, d'autres ont également eu lieu avec la direction de la société d'État.
En 1996, certains membres du comité se rendent en Allemagne afin de rencontrer la direction de l'entreprise Enercon, y compris le propriétaire et fondateur, Aloys Wobben, afin de valider certaines données et susciter leur intérêt pour la Gaspésie. Tant ce leader mondial de turbines que son concurrent danois Vestas se sont montrés intéressés à s'installer en Gaspésie. Mais la condition demeurait l'ouverture d'un appel d'offre à un seuil minimal de 1000MW pour justifier des investissements d'infrastructures industrielles.
La réalisation
En 1997, michel Thibault et quelques membres du comité obtiennent plus d'une dizaine de rencontres avec Guy Chevrette, devenu ministre des Ressources naturelles. Deux ans plus tard, en 1999, lors d'une autre rencontre dans un restaurant de Québec, le ministre Chevrette leur annonce la mise sur pied prochaine d'une régie de l'énergie et qu'un mandat lui serait confié pour que soit mis de l'avant des appels d'offre en matière de développement éolien au Québec. Celui-ci comprendra des critères favorisant le développement économique de la Gaspésie.
Lors du lancement du premier appel d'offre d'énergie éolienne, la région administrative de la Gaspésie est choisie comme zone désignée et les soumissionnaires intéressés devaient démontrer à Hydro-Québec qu'ils atteindraient, au bénéfice de la zone désignée, un contenu minimal de 40% des coûts associés à la réalisation de projets de parcs éoliens.
Peu avant le lancement du premier appel d'offre, le député de l'époque, Matthias Rioux, fait des pressions auprès du ministre Chevrette et du premier ministre Bernard Landry afin que Matane fasse partie de la zone désignée.
Parmi les personnes qui ont joué un rôle important dans le développement éolien qui a suivi, michel Thibault ne peut s'empêcher de nommer le directeur des relations gouvernementales et extérieures pour General Electric Canada, l'un des soumissionnaires retenus dans le cadre du premier appel d'offre.
Sylvain Bulota a informé ses principaux fournisseurs de la nécessité de prendre des engagements d'installer leur unité de fabrication de composantes d'éoliennes à l'intérieur du territoire désigné. Non sans difficulté, M. Bulota a accompagné ces derniers dans le processus d'installation, en région, de leur unité de production. Éole Québec a d'ailleurs rendu hommage à Sylvain Bulota pour sa contribution, lors des activités d'Éole Québec, tenues à New Richmond en 2009.
Éole Québec
Après avoir vu l'industrie éolienne s'installer dans la région et après avoir été en contact avec les principaux donneurs d'ordres dans le domaine, michel Thibault, avec l'appui de l'ex-députée de Matane, Nancy Charest, propose d'organiser un événement autour de l'éolien.
La première édition, un tournoi de golf regroupant les gens du monde de l'industrie éolienne du Québec et hors frontières, se tient en 2007 au Club de golf de Matane. En 2008, michel Thibault crée Éole Québec et y ajoute un événement, la Foire commerciale Éole, qui a pour objectif principal de favoriser le réseautage entre les entreprises régionales touchées par les appels d'offre d'Hydro-Québec et désireuses de promouvoir leurs biens et services auprès des donneurs d'ordres de l'industrie éolienne.
En 2009 la Foire commerciale Éole et le Tournoi Éole se déplacent à New Richmond. En 2010, c'est au tour de la Côte-de-Beaupré de tenir les deux activités. Les prochains événements auront lieu au même endroit, les 17 et 18 août prochains.